J'ai grandi dans depuis l'âge de 3 ans dans le Queyras, dans le respect de la nature grâce à mes parents. J'aime toujours l'observer et me suis mis à la photographier en 2020. 
J'ai commencé la photographie et la vidéo pour partager notre monde sauvage aux personnes que j'ai rencontré lors de mes études qui ne connaissaient pas la montagne ou ne pouvaient pas en profiter. De fil en aiguilles j'ai commencé à utiliser mes photographies pour faire de la sensibilisation : oui, nos montagnes regorgent de merveilles, il faut les préserver afin de pouvoir continuer à les arpenter et rencontrer ses habitants à poils et à plumes.
Celles et ceux qui me connaissent savent que ce qui m'importe avant tout dans la photographie, c'est le côté naturaliste, éthique. Toutes mes photos d'animaux sauvages sont réalisées en milieu naturel : pas de parc animaliers, pas de safari, pas de session payante avec animaux apprivoisés au nourrissage,... 
Le territoire sauvage est de plus en plus réduit face à sa colonisation par l'Homme, j'aime le contempler, le photographier et le partager sans qu'il ne soit altéré par nos pratiques. Je cherche à photographier la nature et ses habitants, sans interférer, tels qu'ils sont dans les recoins encore préservés de l'Homme.

Je mets un point d'honneur à réaliser les photos d'animaux sauvages dans leurs habitats naturels, sans interaction avec eux pour ne pas altérer leur vie. Je sais que chaque interférence avec eux peut engendrer de lourdes conséquences : abandon d'une zone de chasse ou d'un terrain propice à la nourriture, perte d'énergie précieuse et vitale en cas de fuite, perturbation de la reproduction, abandons de la progéniture, et j'en passe. Il est donc essentiel de respecter ces zones et cycles sensibles en prenant toutes les précautions nécessaires pour rester imperceptible. C'est pour cela que je fonctionne de façon très méticuleuse.
Je commence par une longue phase de repérage et d'identification du milieu : je ne me concentre pas uniquement sur l'espèce que je souhaite photographier mais aussi sur toutes les autres qui vivent dans le même biotope (la biocénose). Je ne dois pas perturber une espèce en en cherchant une autre. Je regarde donc tous les indices : crottes, poils, traces, branches, arbustes, fleurs,... Chaque élément apporte un élément, plus ou moins précis, sur la présence (ou l'absence) d'individu(s).
Je mets également des pièges vidéos sur des points de passages pour voir s'il y a des espèces particulières. Une fois familiarisé avec l'ensemble de l'écosystème, je peux me concentrer à effectuer les recherches qui m'intéressent, jusqu'à trouver les individus en questions. Cette phase peut être très courte, mais peut aussi être très très longue en fonction des espèces et de leurs écosystèmes.
Une fois le repérage terminé, j'effectue une analyse des comportements des individus. Je me place à très bonne distance, et à l'aide de longue vue ou de jumelles, je note leurs habitudes, leurs déplacements (de jour, de nuit), les zones où ils se reposent, où ils mangent, où ils se reproduisent, où ils élèvent leur progéniture,... Deux raisons à chercher la précision : la première pour optimiser les chances et les possibilités de photos. La deuxième raison, bien plus importante, c'est pour pour pouvoir éviter les périodes et zones à risques pour ne pas engendrer un dérangement de l'espèce. Cette phase d'analyse est la plus compliquée. Elle ne nécessite pas que des connaissances théoriques sur l'écosystème : plusieurs individus au sein d'une même espèce peuvent avoir des comportements très différents (notamment en fonction des régions) et ce qu'on lit n'est pas toujours vrai : il faut s'adapter. C'est pour ça que cela peut prendre beaucoup de temps en fonction des espèces, il faut passer du temps sur le terrain jours et nuits. Je m'aide de pièges vidéos encore ici pour pouvoir être sur plusieurs front en même temps et ce y compris quand je travaille en semaine, mais ce n'est pas pareille que d'observer soi-même et analyser en temps réel.
Quand toutes les informations sont réunies, j'établis un ou plusieurs affûts : une cachette au maximum naturelle (dans un buisson, dans des branches d'arbres, dans un trou entre deux rochers, sous la neige, ...) auquel j'ajoute des filets de camouflage pour occulter au maximum, pour casser les ombres, les formes, les mouvements que je pourrais faire derrière. Je prends également en compte le sens du vent car beaucoup d'animaux ont un odorat très développé et peuvent être perturbés par une odeur humaine. 
Je monte aux heures où les animaux ne sont pas actifs, très souvent de nuit, afin d'être en place avant le lever du jour et ne pas révéler ma présence aux espèces les plus matinales, qui pourraient également alerter les autres sur ma présence.
Beaucoup d’affûts ne sont pas fructueux, souvent je ne vois pas grand-chose : il faut multiplier les tentatives pour y arriver. Dès fois je vois l’animal mais les photos ne sont pas qualitatives car il n'est pas dans l'axe que je cherchais, ou bien les lumières ne sont pas belles,... Mais de temps en temps, à force de persévérance, la photo que j'ai en tête se réalise et c'est l’aboutissement d’un long processus qui se solde par un moment inoubliable, qu’il y ait une photo ou non d’ailleurs.
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